« La Minute de Véronique »/Exposition Musée de La Chasse et de La Nature : Lamarche et Ovize/avec les MS et les GS/ 19 février 2026

La visite du Musée de la Chasse et de la Nature pour découvrir l’exposition des artistes Lamarche-Ovize avec mes enfants de MS et de GS a été une expérience profondément poétique, artistique et sensorielle. J’insiste toujours davantage sur la nature que sur la chasse elle-même, car ce lieu est avant tout un espace extraordinaire de dialogue entre les animaux, l’histoire, les œuvres d’art et l’imaginaire. Installé dans le magnifique Hôtel de Guénégaud, ce musée possède une atmosphère unique qui fascine immédiatement les enfants.

Le lieu lui-même est déjà une œuvre d’art. Les salons anciens, les boiseries, les objets précieux, les animaux naturalisés, les tableaux anciens et les installations contemporaines créent un mélange étonnant entre les siècles. Les enfants découvrent qu’un musée peut être vivant, surprenant et plein d’humour. Même si la chasse est présente dans l’histoire du lieu, nous avons surtout travaillé autour de la représentation des animaux, du rapport à la nature et de la manière dont les artistes transforment le réel en récit poétique.

Cette visite avait été particulièrement pensée autour du travail de Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize, un couple d’artistes qui travaille ensemble depuis de nombreuses années. Leur démarche a immédiatement passionné les enfants, car elle repose sur une création à quatre mains où le dessin, la peinture et la céramique dialoguent en permanence. Je leur avais expliqué en amont que ces artistes travaillent côte à côte, à quelques centimètres l’un de l’autre, et qu’ils créent ensemble une seule œuvre sans qu’il soit possible de distinguer exactement qui a fait quoi.

 

Cette idée a énormément parlé aux enfants. Je leur ai expliqué qu’eux aussi, lorsqu’ils créent ensemble à La Maison de L’Enfant, ils s’influencent mutuellement sans forcément s’en rendre compte. Ils regardent les productions des autres, s’inspirent de certaines couleurs, de certaines formes ou de certaines idées. Cela nourrit leur créativité sans qu’il y ait de jugement ou de compétition. Les enfants ont très bien compris que créer ensemble ne signifie pas faire tous la même chose, mais accepter qu’un dialogue artistique se construise naturellement entre plusieurs personnes.

L’univers de Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize les a immédiatement enchantés. Les artistes mélangent différentes techniques : aquarelle, peinture à l’huile, gouache, pastel, céramique, sculpture et vidéo. Leur grande installation « cabane-forêt » a particulièrement marqué et régalée les enfants. Ils entraient dans un espace qui semblait sorti d’un conte, peuplé d’animaux fabuleux et plein d’humour, de couleurs vibrantes et de détails surprenants.

Les enfants ont beaucoup ri devant les œuvres, car les animaux représentés semblaient posséder des attitudes humaines. Certains personnages évoquaient des fables, des contes ou des histoires fantastiques. Devant chaque œuvre, les enfants avaient envie d’inventer un récit et de commencer par : « Il était une fois… ». Cette capacité des artistes à faire naître des histoires à partir des animaux et de la nature a énormément nourri leur imagination.

 

L’humour occupait une place essentielle dans cette exposition. Les enfants comprenaient que l’art peut être sérieux tout en restant joyeux, décalé et ludique. Les artistes jouent volontairement avec les styles, les références artistiques et même avec les notions de “bon goût” et de “mauvais goût”. Cela a permis d’ouvrir une réflexion très intéressante avec les enfants : qu’est-ce qui est beau ? Pourquoi certaines choses nous plaisent-elles ? Peut-on aimer des œuvres étranges, amusantes ou excessives ?

Ce questionnement est extrêmement précieux dans le développement du regard esthétique des enfants. Il leur permet de comprendre qu’il n’existe pas une seule manière de créer ni une seule définition du beau. Chaque enfant peut avoir sa propre sensibilité artistique et son propre imaginaire.

La place de la main et du geste dans le travail des artistes a également été un sujet très important. À une époque où les enfants entendent déjà parler d’intelligence artificielle et de créations numériques, il me semblait essentiel qu’ils voient combien le geste humain reste irremplaçable. Dans les œuvres de Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize, on perçoit la trace du dessin, les superpositions, les accidents de matière, les hésitations et les gestes spontanés tous empreints d’amour et de réflexion philosophique pour le vivant. Les enfants ont compris que c’est précisément cette présence humaine qui rend les œuvres vivantes et émouvantes.

Comme toujours, la visite avait été préparée en amont à La Maison de L’Enfant. J’avais montré aux enfants de nombreuses photographies des œuvres ainsi que des agrandissements de petits détails afin qu’ils puissent les reconnaître une fois au musée. Cette préparation leur permettait d’observer avec beaucoup plus d’attention. Lorsqu’ils retrouvaient un détail déjà vu ensemble, ils éprouvaient un immense plaisir et avaient le sentiment d’être déjà familiers avec les œuvres. Cela renforçait leur capacité d’observation.

Cette visite a montré une fois encore combien les enfants sont capables d’entrer avec intelligence et sensibilité dans des univers artistiques très contemporains. Ils ont découvert que l’art peut être à la fois poétique, drôle, étrange, émouvant et profondément vivant. Le Musée de la Chasse et de la Nature reste pour eux un lieu magique où les frontières entre la nature, les contes, les animaux et l’art semblent disparaître.

En quittant le musée de la chasse et de la nature, nous nous sommes arrêtés pour partager un goûter. C’est toujours tellement gai de partager un goûter avec les petits loups quand on sort d’une exposition ! Il faut savoir faire ça ! On régale le cœur, mais on régale aussi l’estomac. Nous avons donc acheté des pains au chocolat et sous une bâche de restaurant, parce que la pluie arrivait, et avec les parents qui nous accompagnaient, nous avons partagé des viennoiseries. C’était si gai, c’est tellement important de vivre ça aussi ! Notre après-midi était délicieuse ! Quel bonheur !

Les deux petites filles qui étaient avec moi m’ont fait tellement rire en me donnant leurs commentaires sur notre exposition, qu’elles avaient énormément aimée, et elles m’ont dit « mais cet endroit, c’est tellement chic ! » J’ai éclaté de rire !

 

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