« La Minute de Véronique »/Exposition « Calder, Rêver en équilibre »/ Fondation Vuitton avec les MS et les GS/ 11 mai 2026

La découverte de l’exposition Calder, rêver en équilibre à Fondation Louis Vuitton a été un immense moment de poésie et d’émerveillement avec les enfants. Lorsque j’ai appris que Alexander Calder arrivait à la Fondation Vuitton, j’ai immédiatement su qu’il était impossible de ne pas présenter cet artiste aux petits loups. Calder fait partie de ces artistes capables de toucher profondément les enfants grâce à l’humour, au mouvement, au rêve et à cette manière si unique de rendre les œuvres vivantes.

Même si la fin d’année était déjà très chargée en projets, préparations et sorties, cette exposition était incontournable. Calder apporte quelque chose d’extrêmement libre et poétique qui correspond parfaitement à la sensibilité des enfants. Ses œuvres bougent, dansent, flottent, se balancent dans l’espace et semblent presque respirer. Elles invitent naturellement les enfants à observer, rêver et imaginer.

Le parcours commençait par le célèbre Cirque Calder, qui a immédiatement enchanté tout le groupe. Les enfants attendaient cette partie avec impatience, car je leur avais montré auparavant de nombreuses photographies et expliqué le fonctionnement de ce cirque miniature créé par l’artiste. Derrière les vitrines apparaissaient alors les petits personnages en fil de fer, tissu et matériaux récupérés : le lion, le dompteur, les acrobates, les équilibristes, les chiens savants ou encore les lanceurs de couteaux. Tout semblait fragile, bricolé et pourtant incroyablement vivant.

Les enfants tournaient autour des vitrines avec fascination, observant chaque détail avec énormément d’attention. Ils étaient touchés par le charme artisanal de ces petites sculptures et par la poésie qui s’en dégageait. Calder parvenait à créer tout un monde à partir de quelques morceaux de fil de fer, de tissu et d’objets simples. Cela montrait aux enfants que l’imagination compte souvent davantage que la perfection technique.

Le film montrant Calder lui-même animant son cirque a également été un moment extraordinaire. Les enfants ont adoré voir l’artiste faire vivre ses personnages, produire lui-même les bruitages, imiter le lion, accompagner les chutes des acrobates ou encore manipuler les petits animaux. Sa femme Louisa faisait fonctionner l’électrophone pendant que Calder présentait son spectacle avec énormément d’humour et de spontanéité. Les enfants riaient beaucoup et étaient fascinés de voir qu’un grand artiste pouvait garder une âme aussi joueuse et enfantine.

Nous avons également beaucoup parlé de la vie de Calder entre les États-Unis et la France. Les enfants ont aimé découvrir son immense atelier rempli d’objets, d’outils et de créations en cours. Je leur expliquais que contrairement à nous qui devons tout ranger chaque soir à l’école, Calder pouvait laisser ses idées, ses matériaux et ses expériences visibles autour de lui. Les enfants comprenaient alors combien un atelier peut devenir un véritable espace de pensée et de création.

Les sculptures en fil de fer ont suscité énormément d’admiration. Les portraits comme celui de Joséphine Baker semblaient dessinés dans l’air. Les enfants étaient émerveillés par cette capacité à créer du volume avec une simple ligne métallique. Même la signature de Calder en fil de fer les amusait beaucoup. Ils comprenaient que le dessin pouvait quitter la feuille pour entrer dans l’espace.

L’exposition présentait également des œuvres d’artistes proches de Calder comme Wassily Kandinsky, Pablo Picasso ou Fernand Léger. Les enfants ont immédiatement reconnu Kandinsky et se sont exclamés avec enthousiasme : « Véro, Véro, il y a Kandinsky ! ». Ce moment était particulièrement émouvant, car il montrait combien les enfants avaient développé une véritable mémoire visuelle des artistes rencontrés au fil de l’année.

Les mobiles occupaient évidemment une place centrale dans l’exposition. Les enfants ont découvert que ces œuvres ne sont réellement “vivantes” que lorsqu’elles bougent. Dans les grandes salles de la Fondation, certains mobiles étaient suspendus très haut et le mouvement était parfois presque imperceptible. Heureusement, un papa accompagnateur particulièrement enthousiaste soufflait doucement vers certaines œuvres pour provoquer un léger balancement. Les enfants étaient fascinés de voir alors chaque forme se mettre à tourner lentement dans l’espace.

Nous avons beaucoup observé les ombres projetées sur les murs, élément essentiel chez Calder. Les ombres des mobiles et des sculptures en fil de fer créaient presque une seconde œuvre, mouvante et éphémère. Les enfants comprenaient que l’art ne se limite pas uniquement à l’objet lui-même mais inclut aussi la lumière, le mouvement et l’espace autour.

La visite de la Fondation Louis Vuitton elle-même faisait partie de l’expérience. Les enfants avaient l’impression d’entrer dans un immense bateau de verre posé dans le Bois de Boulogne. Ce bâtiment spectaculaire semblait parfaitement correspondre à l’univers de Calder avec ses équilibres, ses transparences et ses jeux de mouvement.

Tout au long de la visite, nous avons pris le temps de nous asseoir devant certaines œuvres. J’insiste toujours beaucoup sur cette manière de regarder l’art. Debout, on traverse rapidement une salle ; assis, on entre réellement dans l’œuvre. Les enfants pouvaient observer longuement les mouvements, parler entre eux, exprimer leurs ressentis, parfois même s’allonger un peu pour regarder les mobiles au-dessus de leur tête. Comme il y avait peu de visiteurs ce jour-là, nous avons pu vivre l’exposition avec énormément de calme et de liberté.

L’un des moments marquants fut la découverte du mobile réalisé par Calder pour le Musée de l’Armée aux Les Invalides, autour de la Croix de Lorraine. Les enfants étaient très intéressés lorsque je leur expliquais le lien avec Charles de Gaulle et l’histoire de la France. Cela montrait une fois encore combien l’art dialogue avec l’histoire et la mémoire collective.

Après avoir parcouru tous les étages et observé également les grands stabiles installés à l’extérieur, nous sommes repartis émerveillés. Cette visite demandait un véritable effort physique aux enfants, car l’exposition était vaste et répartie sur de nombreux niveaux. C’est aussi pour cela que nous avions choisi de revenir en autocar, afin qu’ils puissent se reposer après cette immersion intense.

Nous sommes repartis avec le sentiment d’avoir vécu un moment rare : une journée faite de mouvement, de lumière, d’équilibre, de poésie et de rêve. Calder avait réussi, une fois encore, à montrer aux enfants que l’art peut être vivant, joyeux et profondément libre.

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