Nous partons plein d’enthousiasme avec les TPS et les PS voir un spectacle de danse dans l’antre du magnifique théâtre de Chaillot.
Après une petite expédition en métro, nous arrivons sur l’esplanade du Trocadéro d’où je leur ai promis qu’ils pourraient admirer la tour Eiffel. Quelle joie de se retrouver tous ensemble devant cet édifice si emblématique !
Puis nous franchissons les grandes portes du palais de Chaillot. A l’intérieur le silence s’impose de lui-même face à la majesté du lieu. On se sent d’autant plus privilégiés que nous sommes seuls à descendre l’impressionnant escalier en admirant les magnifiques décors Art Déco. Arrivés en bas, nous profitons d’un autre superbe point de vue sur la fameuse tour Eiffel, avant de pénétrer dans la salle où se déroulera la représentation. Nous sommes les premiers spectateurs alors nous choisissons de nous installer tout devant assis au sol sur des petits coussins juste à la limite de l’espace que les danseurs investiront délimité par un immense tapis noir.
Nous n’avons qu’une hâte que le spectacle commence ; alors quand la lumière s’éteint, nous nous regardons mutuellement avec les regards complices de ceux qui savent que le moment tant attendu depuis des jours est enfin arrivé.
Il ne se sont que deux ; pieds nus et tout de noir vêtus, ils arrivent sans un bruit et nous sommes suspendus à la moindre de leurs expressions faciales et/ou corporelles. Commence alors un dialogue gestuel et musical ; l’un accompagne ses mouvements en sifflant, l’autre en faisant du beatbox. Leurs échanges se font d’abord avec une telle subtilité que la moindre de leurs actions prend une ampleur saisissante. Leurs interactions montent ensuite en puissance et nous sommes subjugués par l’énergie qu’ils dégagent. Ils sont à quelques centimètres de nous et leur souffle, leurs vibrations nous happent dans l’histoire qu’ils nous racontent, sans un mot mais avec un langage sensoriel qui parle au plus profond de nous. Une histoire qui parle de fraternité ; de la difficulté parfois à communiquer à se faire comprendre de l’autre, mais du besoin vital d’être en relation.
Quand le show se termine, les enfants acclament les deux danseurs. Ces derniers se montrent visiblement touchés par l’ardeur avec laquelle leurs jeunes spectateurs témoignent leur admiration pour la prestation de leur incroyable tandem.
Nous avons la chance de pouvoir échanger avec le duo d’artistes qui partagent avec nous leur complicité, le respect qu’ils éprouvent l’un pour l’autre et l’envie de faire de leurs différences une richesse en unissant leurs talents respectifs. D’ailleurs si le spectacle s’appelle « Yës » c’est tout simplement car les deux acolytes qui le portent se nomment Yanice et Sébastien. Ils apportent aussi un autre témoignage fondamental : avant de réussir les performances techniques qu’ils ont réalisées il y a énormément de travail, de répétition avec l’aide du regard critique du chorégraphe pour réussir petit à petit à atteindre l’objectif qu’ils se sont fixé. Leur passion les poussait à se dépasser et à chercher toujours à donner le meilleur d’eux-mêmes car ils avaient une telle envie de réussir à exécuter quelque chose qui soit « beau » et un tel plaisir quand il y parvenait que peu importe le temps et les efforts nécessaires. Une jolie leçon de vie pour nos petits !
De retour à l’école les enfants ont pris beaucoup de plaisir à improviser des dialogues sans paroles en utilisant comme moyen de communication leur corps et leurs bouches pour produire toutes sortes de rythmes sonores et gestuels qui devaient se répondre entre eux.































